Déconventionnement… déconventionnement… vous avez dit déconventionnement ?

 

ourain








L’actuelle convention dentaire reconduite en juillet 2016, les syndicats représentatifs (FSDL, Union Dentaire et CNSD), l’assurance maladie et les complémentaires discutent depuis un mois et demi sur l’avenant numéro 4 avec un objectif : améliorer la santé bucco-dentaire et l’accès aux soins des français.

Et voilà qu’on apprend qu’un amendement, déposé par le gouvernement, a été voté en catimini par la « représentation nationale » dans un hémicycle quasiment désert.

Cela afin de « passer en force » et d’imposer le diktat ministériel si un accord n’est pas signé au 1er février 2017.

Il est étonnant qu’une ministre de la santé, qui n’a rien fait depuis 4 ans en matière de soins bucco-dentaires hormis de démagogiques déclarations, soit soudain si pressée d’imposer « SA » convention au mépris de toutes les règles.

On n’ose imaginer que les échéances politiques de 2017 sont en rapport avec cet empressement aussi soudain que désintéressé.

Le premier problème des politiques dont on connait la modestie naturelle est de vouloir laisser leur nom dans l’histoire.

Leur second problème est d’être tellement coupé des réalités qu’ils prennent leurs désirs pour leur réalité.

Non Mme la ministre, « les dentistes, ce n’est pas trop cher » : les remboursements de la sécurité sociale non réévalués depuis 28 ans et l’amputation tous les mois de la moitié des salaires par les diverses retenues, taxes et impôts, eux fortement réévalués depuis 4 ans, donnent seulement le sentiment aux français de cotiser pour du vent (75.25 € le remboursement sécu d’une couronne dentaire depuis 1988, qui dit mieux ?).

Il serait dommage qu’une si populaire ministre, unanimement appréciée de toutes les professions médicales, laisse son nom associé au déconventionnement massif des professionnels de santé avec la sécurité sociale.

Après la loi Kouchner, la loi Evin, la loi Léonetti… le « déconventionnement Touraine » ça aurait de la gueule, non ? 🙂
Parce que c’est cela qui se joue actuellement.

Il suffit de tendre l’oreille dans les réunions professionnelles (et pas que chez les dentistes) pour entendre le doux bruissement des mots… déconventionnement… déconventionnement…

La classique défiance des « dirigés » envers leurs dirigeants s’est aujourd’hui transformée en colère froide.

Les praticiens assommés de normes kafkaïennes, de toujours plus de contraintes administratives non compensées, dont la survie des petites structures est menacée par la concurrence déloyale de « centres dentaires low cost-usines à dents » réalisent de plus en plus nombreux que sans un changement drastique leur avenir passe à terme par l’émancipation de la tutelle.

Les chirurgiens-dentistes français qui ne veulent pas vivre la situation de leurs confrères espagnols et la faire vivre à leurs patients, après tant d’années de passivité, commencent à s’organiser.

Il se murmure « dans les milieux autorisés »… qu’il suffit que quelques centaines de praticiens franchissent le pas, puis la boule de neige, tout ça, tout ça…

Et ce n’est certainement pas cela qui favorisera l’accès aux soins et la diminution du reste à charge des français.




 


2 commentaires pour : “Déconventionnement… déconventionnement… vous avez dit déconventionnement ?”

  1. […] sait aujourd’hui que les pseudo-négociations conventionnelles sont pipées à cause de l’amendement de la ministre voté en catimini par une « représentation nationale » qui ne représente […]

  2. […] mobilisation de tous est donc indispensable face au chantage de l’arbitrage, à la bêtise et au sectarisme qui prévalent dans ce simulacre de […]

Laisser un commentaire :

( Plus de 3 mots, en rapport avec le sujet, et 1 pseudo qui ne soit pas un mot-clé si vous souhaitez passer la barrière anti-spam. Bin oui, on fait ce qu'on veut ! )

Subscribe to RSS Feed Follow me on Twitter!