Députés, mutuelles, syndicat, bananes et miroir de salle de bain.

 

Ainsi le lobbying effectué par les mutuelles assistées en sous-main par un syndicat complice à payé : la condamnation  de la mgen pour discrimination envers ses propres adhérents dont nous avions parlé ici à été rayée d’un trait de plume par nos très chers députés, toujours plus soucieux de leur réélection que de l’intérêt général.

La Cour de Cassation dans un récent jugement avait pourtant clairement indiqué que les mutuelles, la mgen dans ce cas, ne devaient pas discriminer leurs adhérents en instaurant des niveaux de prestation différents selon qu’ils consultent un chirurgien-dentiste dans ou hors leur « réseau ».
La condamnation de la mgen devait faire jurisprudence.
Un simple petit coup de baguette parlementaire magique dans le plus pur style république bananière et hop, on modifie le code de la mutualité afin de laisser le champ libre aux intérêts des petits copains.
Pas plus compliqué que ça !

Après le Conseil d’État dans l’histoire à rebondissement de l’ASM des chirurgiens-dentistes c’est la justice ordinaire qui est à son tour bafouée dans ce pays.

La vision à court terme des syndicats censés représenter les intérêts de leurs adhérents ainsi que celle des politiques est stupéfiante.
On sait bien que les vrais philanthropes  sont rares dans tous ces petits milieux qui agissent en pensant plus à leur survie politique ou syndicale qu’à l’avenir de leurs enfants mais quand même !

Il est étonnant que le syndicat majoritaire (jusqu’à quand ?) cautionne et encourage l’asservissement de la profession à des organismes financiers dont la santé publique est le cadet des soucis, en signant des protocoles qui au fil du temps se révèlent être des marchés de dupes.
Il faut croire qu’il leur est difficile de tirer des leçons du passé :  le blocage et la non revalorisation des honoraires, toujours au niveau où ils se situaient lors de la signature des accords, ainsi que l’inflation des contraintes et de la paperasserie à fournir, souvent au détriment du secret médical, ne semble pas refroidir les ardeurs des mutuellophiles.

La mainmise des assureurs sur la profession ne va pourtant pas dans le sens de l’amélioration de la qualité :
ni qualité du service rendu aux patients qui devra être réalisé au plus bas coût, ni qualité d’exercice des praticiens qui subiront toujours plus de contraintes administratives et des honoraires dictés par les impératifs de rentabilité des mutuelles qui sont actuellement en train de se rassembler dans des groupes financiers gigantesques.

Il se serait temps que patients et professionnels réalisent ce qui les attend à terme : des praticiens travaillant à la chaîne dans des usines à dents, payés au rendement et chapeautés par des managers sortis d’écoles de commerce dont le seul objectif est le bonus annuel assuré par des actionnaires satisfaits.

Lorsque l’on sait que 10 % seulement des nouveaux diplômés choisissent d’exercer en libéral, rebutés par les contraintes et les obstacles accumulés sur leur route professionnelle ces dernières années on comprend  que cette vision plutôt pessimiste n’est pas utopique.

Mais peut-être que l’on a finalement le monde que l’on mérite.

Et puis l’important n’est il pas de pouvoir se regarder le matin dans son miroir ?


crédit phot: blary54

 


7 commentaires pour : “Députés, mutuelles, syndicat, bananes et miroir de salle de bain.”

  1. aulieuNo Gravatar dit :

    et si au lieu de taper et de gueuler sur tout le monde, on nous montre les bon syndicats a suivre et a soutenir ?

    au lieu de lire un blog defaitiste et pessimiste, je veux en lire un militant.

    • Dr G.No Gravatar dit :

      bonjour,
      Normalement quand on est cd on a un minimum de bagage intellectuel ce qui permet de réfléchir, d’analyser et de choisir (ou pas) un syndicat en toute connaissance de cause. Et puis on peut aussi lire leurs programmes, il paraitrait que ça sert même à ça.
      Après, pour lire un blog militant c’est très facile: il suffit de l’écrire.
      Faut se lancer et pas tout attendre des autres. 😉

  2. Fruits et légumes de saisonNo Gravatar dit :

    Je sais pas trop si c’est le bon endroit pour poster, mais vraiment ces mutuelles quelle arnaque !

    Je prends mon exemple d’une mutuelle spécial dent, que je paye donc plus chère et qui au final ne me permet de réduire la facture d’un bague que de quelques euros …

    En effet il fallait lire que le gros chiffre remboursé était égal à la part de la secu + celle de la mutuelle …

    Au final sur le jolis remboursement de (chiffre au hasard) 300 euro, seulement 25 sont de la mutuelle …

    • Dr G.No Gravatar dit :

      De l’intérêt de bien lire les contrats avant de signer et comme c’est souvent plutôt abscons, les mauvaises langues diront que c’est volontaire, de se faire expliquer sur un cas précis.
      Vous avez ici un super outil pour analyser les contrats de nombreuses mutuelles : http://www.assuredent.com

  3. Marc BROUARDNo Gravatar dit :

    En 1960 a été mise en place la première convention nationale dentaire signée avec les Caisses. A l’époque les honoraires proposés par la sécurité sociale étaient, pour de nombreux praticiens, supérieurs aux honoraires qu’ils avaient l’habitude de pratiquer. Une partie de la profession s’est engouffrée dans ce nouveau système conventionnel sans avoir pris conscience du mécanisme dans lequel elle s’engageait. Il suffisait de respecter les honoraires imposés pour les soins qui, au départ n’étaient pas une contrainte pour les praticiens.

    Pourtant nombreux ont été ceux qui ont refusé de rentrer dans ce système, même si leur statut de praticien non-conventionné, pénalisait le remboursement de leur patient. Car en effet il a été créé à l’époque, un remboursement différentiel que nous appelons aujourd’hui le « tarif d’autorité ». A ses débuts, ce remboursement spécifique et punitif représentait à peu près les 2/3 du remboursement normal et le patient perdait un peu plus de 30% de ses prestations.
    On peut voir aujourd’hui, qu’avec ce tarif d’autorité, au montant inchangé depuis 50 ans, cette perte pour les patients d’un praticien non conventionné atteint aujourd’hui pratiquement 90% !

    D’un autre côté, et malgré les dispositions des différentes conventions successives signées avec les Caisses qui prévoyaient leur engagement pour une révision tarifaire annuelle sur des critères définis, les honoraires opposables appliqués aux soins, revus avec parcimonie, ont tellement perdu de leur valeur, que tout le monde s’accorde à dire aujourd’hui, qu’il faudrait les doubler ou les tripler pour arriver à niveau en concordance avec les frais qu’impose un exercice normal défini par la Haute Autorité de Santé et les remises à jours de notre formation continue.
    Or presque 40 ans après, et toujours sans aucune garantie de revalorisations programmées, un processus analogue pour la prothèse a été mis en place avec certaines mutuelles, et qui plus est, avec la complicité de responsables syndicaux qui n’ont même tiré les leçons du piège de la Sécurité sociale dans lequel était tombée la profession pour les soins auparavant.
    Ce qui est dramatique, c’est que ce sont les mêmes qui avaient alors prôné auprès des praticiens de se rattraper sur les prothèses pour compenser les pertes d’exploitation du secteur des soins ! Que proposeront-ils le jour où la quasi-totalité de notre exercice sera opposable et déficitaire ? En 1976, année de la mise en place des A.G.A. la moyenne des frais d’un cabinet était de 40%. Elle frôle aujourd’hui les 70%. A ce rythme, combien de temps la profession pense-t-elle encore pouvoir tenir ?
    Marc BROUARD.

  4. Dr G.No Gravatar dit :

    Merci pour ce rappel historique oh combien nécessaire mais je crains bien que la mémoire ne soit pas le point fort des « bradeurs » de la profession.
    Sans vouloir être défaitiste je crains toutefois que la dentisterie libérale n’ait vécu et que ce métier, pourtant passionnant, n’attire plus les foules encore très longtemps.

  5. […] utile de rappeler que malgré l’intense lobbying des assureurs et le désir non dissimulé de nos très chers députés (désavoués une fois encore par le Conseil Constitutionnel qui a supprimé l’article 54 de […]

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