HYGIENE, DESINFECTION ET INFECTIONS NOSOCOMIALES

 

bactéries

Instructive journée de formation sur l’hygiène, la désinfection et la prévention des maladies nosocomiales.

En vrac, mais chronologiquement, quelques idées retenues:

Les infections nosocomiales seraient responsables de 8 à 10000 décès par an en France.

La connaissance des procédures d’hygiène et de stérilisation, le lavage fréquent des mains avec les produits adéquats, le port systématique de gants, masques et lunettes et l’utilisation de matériel à usage unique contribuent à la lutte contre la contamination croisée.


Le protocole de stérilisation comporte différentes étapes dont la qualité de réalisation conditionne la qualité du résultat final

  1. La pré-désinfection: premier traitement à effectuer obligatoirement sur les instruments souillés par les matières organiques et les micro-organismes
  • effectuée au plus près du fauteuil et dans un bac spécifique fermé.
  • les produits utilisés doivent être détergents-désinfectants, sans aldéhydes et répondre aux normes spécifiques (réf. voir guides en fin d’article)
  • la réutilisation d’un dispositif « jetable » (marqué d’un 2 barré dans un cercle) est pénalement répréhensible

2.  Le nettoyage: manuel, par ultra sons ou automatisé avec un laveur-désinfecteur

3.  Le conditionnement:

  • sous double emballage de papier crêpé avec durée de conservation de la stérilité d’un mois
  • ou dans des sachets thermo-soudés, préférables aux sachets autocollants, et dont la conservation de l’état stérile varie de 1 à 3 mois selon la granulométrie du papier utilisé

Il est impératif de tracer les dispositifs stérilisés quel que soit le conditionnement retenu: date de stérilisation, date de péremption et numéro de cycle doivent donc apparaitre.

4.  La stérilisation:

  • le Poupinel est interdit depuis 2002 dans les établissements de santé et proscrit dans les cabinets dentaires.
  • seul l‘autoclave classe B avec cycle prion (134° pendant 18mn)  répond aux normes actuelles et est recommandé selon la norme NF 13060-2, les types N et S n’étant considérés que comme des désinfecteurs
  • les tests de contrôles sont à effectuer régulièrement dont:

-test de vide

-test bowie-dick: au moins une fois par semaine

-test intégrateur prion: à chaque cycle

  • les sachets sont idéalement disposés verticalement et face papier contre face papier

En matière de stérilisation nous sommes tenus à une obligation de résultats et nous devons en apporter la preuve en cas de contrôle ou de procédure.

Seule la traçabilité de la stérilisation le permet. Tous les cycles doivent donc être enregistrés par un dispositif relié à l’appareil et conservés ainsi que l’intégrateur prion correspondant.

5.  Le stockage: dans un endroit dédié, protégé de la lumière, de l’humidité, de la poussière et des contaminations.

  • La durée de conservation de la stérilité dépend de différents facteurs, en moyenne entre 1 et 3 mois et on applique la règle du « premier entré-premier sorti » pour les sachets.

6.  Le nettoyage des instruments dynamiques:

  • Le conférencier immerge totalement ses turbines dans le bac de pré-désinfection, fait circuler la solution puis purge, sèche et enfin stérilise avec selon lui pas plus de « casse » que par d’autres moyens.
  • Il existe des automates qui effectuent toutes les étapes ainsi que la lubrification mais ils ne peuvent pas être considérés comme des stérilisateurs de classe B mais comme des catégories S

7.   L’entretien des locaux selon des procédures codifiées, la gestion des déchets et le stockage des DASRI, le contrôle de la conformité des appareillages (compresseur, autoclave, etc…), les tenues professionnelles font aussi partie du processus.

Ce que nous avons retenu de cette journée et c’est notre opinion:  que les normes et obligations existent, certaines ubuesques mais nous sommes habitués, que les drass réalisent des contrôles avec possibilité de fermeture du cabinet en cas d’anomalies sévères et qu’il incombe au professionnel de mettre en oeuvre tous les moyens répertoriés pour assurer la sécurité sanitaire de ses patients.

Alors bien sûr tout cela a un coût, bien sûr ce coût n’est pas pris en compte dans la nomenclature de nos actes et bien sûr en tant que professionnels médicaux nous assumons ce coût. Mais appliquer exhaustivement toutes les mesures normées semble impossible et il faut sûrement faire des choix entre l’obligatoire car répréhensible et/ou dangereux pour nos patients ou le personnel du cabinet et le reste, sorti de l’imagination débordante et déconnectée de la vraie vie de nos têtes pensantes derrière leurs bureaux: on ne peut pas imposer à de petites structures privées les normes que l’on impose dans le public qui a le personnel et les budgets (en déficit chronique) pour cela ou alors il faut en assumer les moyens.

A l’heure où on veut imposer la « transparence » aux chirurgiens-dentistes concernant leurs honoraires, il serait bon de dire toute la vérité aux patients et pas uniquement ce qui est électoralement et démagogiquement porteur ou ce qu’ils aiment entendre: la santé a un coût et il est bien différent du remboursement de la sécurité sociale.

Les praticiens par éthique et par devoir assument leurs responsabilités d’hygiène, de sécurité des patients et proposent le plateau technique le plus performant et le plus en adéquation avec les normes actuelles mais au rythme où vont les contraintes et les obligations nouvelles, qu’en sera-t-il demain ?

Nous avons déjà des tarifs de soins dignes de pays sous-développés, il serait regrettable de s’en rapprocher au niveau de l’hygiène à cause de normes et d’obligations déconnectées des réalités socio-économiques.


Voilà ce qui nous est opposable et sur quoi s’appuient les contrôles éventuels, donc la Bible, et que tout cabinet dentaire doit posséder. Inapplicable en totalité mais il parait que « nul n’est sensé…. » :

Guide de prévention des infections liées aux soins en chirurgie dentaire et stomatologie.

EDIT 12/2011: le lien n’existe plus, ça n’est sans doute pas suffisamment important pour être maintenu à jour…

Il existe aussi un petit bouquin édité par l’adf qui résume tout et rappelle les normes: procédures de stérilisation et d’hygiène environnementale-2008-    5€ –  ici

ainsi que : liste positive des produits désinfectants dentaires 2009, toujours 5€ – ici (mais apparemment téléchargeable gratuitement au format pdf)

 


6 commentaires pour : “HYGIENE, DESINFECTION ET INFECTIONS NOSOCOMIALES”

  1. rosalio samNo Gravatar dit :

    cet article est interessant pour moi d’autant que je suis un chirurgien dentiste

  2. rosalioNo Gravatar dit :

    bonjour je suis un chirurgien dentiste de l algerie j aimerais me transmettre des courriels en ce qui interesse la medecine dentaire merci

  3. Dr G.No Gravatar dit :

    Tu as de la lecture ici.
    Sinon je te conseille ce forum http://www.eugenol.com sur lequel tu trouveras beaucoup d’informations.
    A+

  4. roosseeeNo Gravatar dit :

    aha, je vois que j’ai un concurrent …..mâle et CD en plus!!!

    salut Dr G,ça va?

    ça y est tu as décidé de mettre l’hygiène à la Une?

    merci pour mon nouvel avatar,il est plutôt joli, je dirais même que c’est le plus beau!

  5. Dr G.No Gravatar dit :

    >> ça y est tu as décidé de mettre l’hygiène à la Une?

    Sujet important, primordial même et qui coule de source, enfin j’espère.

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