IDS 2009 / IDS / COLOGNE 24-28 MARS 2009 PAR LE Dr MARC APAP (1ère partie)

 


Du neuf avec du vieux

Marc APAP

L’IDS cette année fut beaucoup moins spectaculaire que par le passé. De l’imagerie un peu partout et pas vraiment de nouveautés décisives : les fabricants soignent leur look, mais évitent de prendre trop de risques.

C‘est la quatrième fois que je visite l‘IDS, immense exposition internationale de matériels et produits dentaires, qui a lieu tous les deux ans à Cologne. En vérité, j’y ai déjà participé en tant que démonstrateur sur un stand, il y a 20 ans. Mais c’était à Stuttgart, pour le lancement de l’Excalibur, contre-angle endodontique mis au point avec mon ami Cédric Thorin et la société autrichienne W&H.

Envoyé spécial pour l’Indépendentaire de 2003 à 2007, je suis venu cette fois-ci en touriste et pour mon propre compte. Pas de rendez-vous avec les industriels, pas de conférence de presse. Aucune obligation de scruter le moindre stand à la recherche de la moindre nouveauté, liberté totale d’expression puisque je ne suis tenu de dire du bien de personne, ni de parler de ce qui ne m’intéresse pas forcément : une visite « just for fun » et un régal pour le mental !

Ne vous attendez donc pas à me voir vous décrire les derniers modèles de cone-beam, pano 3D, prothèse par CFAO, lasers, lampes de blanchiment, piezosurgery ou implants : ça n’est pas mon rayon, ni ma tasse de thé. Alors si vous ne voulez pas me suivre, aucun problème : rendez-vous à la sortie, au bar devant une bonne bière !

  • Composites et colles

Le marché des composites n’est pas vraiment excitant en ce moment. Le Filtek Silorane (3M ESPE) à faible taux de rétraction n’est pas une réussite commerciale. Heraeus Kulzer propose depuis quelques semaines un Venus Diamond, dont la matrice organique légèrement modifiée offrirait elle aussi un retrait de polymérisation diminué. J’ai pu essayer ce matériau en cabinet. Il est extrêmement ferme et un peu difficile à extraire des grosses seringues à vis. Mais une fois en place, c’est un régal à modeler. Ne collant pas à la spatule, il se façonne précisément, avec d’emblée, un fini de surface étonnant. Les quelques teintes à ma disposition m’ont permis de constater son excellent mimétisme. Pour les dents postérieures, la version en capsules pour pistolet devrait toutefois être beaucoup plus pratique.

Après nous avoir fait goûter au Point 4 beaucoup trop dense, puis au Premise, finalement pas si mal que ça, Kerr revient à ses premières amours avec l’Herculite, qu’il nomme cette fois-ci XRV Ultra. La manipulation de ce nouveau composite antéro-postérieur, qui reprend les charges tri-modales, dont celles de 0,4 microns des précédents, s’avère bien plus agréable, comme j’ai pu le constater sur le stand en obturant une petite cavité dans une dent en plastique. La société américaine avait évoqué, lors d’un symposium très confidentiel au printemps dernier en Espagne, un nouveau composite auto-adhésif et auto-mordançant révolutionnaire. Pour l’IDS, elle se contente de nous présenter le Vertise. Celui-ci n’est qu’un flow, sans doute moins ambitieux, mais peut-être plus réaliste.

Chez Voco, à part de nouvelles capsules pour ciment de verre ionomère au bec verseur plus long et plus étroit – enfin ! – , la seule nouveauté est une petite seringue de composite fluide qui ne goutte pas, grâce à un piston spécial.

Le japonais Tokuyama pousse la démagogie très loin : il livre, dans de superbes seringues roses métallisées, une nouvelle gamme de  Palfique Estelite Quick, qui durcit en 10 secondes. Il est vrai qu’Ivoclar Vivadent avait proposé un produit semblable, l’In Ten-S, il y a quelques années. Quand on sait comment se passe la polymérisation des composites, on peut s’interroger sur la pertinence de ces matériaux.

Ivoclar Vivadent, justement, change le look de ses seringues, et présente l’Empress direct, qui ne serait qu’une évolution du Four Season, ou Artemis selon les pays. Ce composite aux possibilités esthétiques infinies n’a eu qu’une diffusion confidentielle, sans doute en raison d’une fermeté peu confortable et d’un teintier trop complexe pour le praticien lambda. Fort de son succès avec l’AdheSE One Vivapen,  la firme du Liechtenstein offre aujourd’hui le même adhésif, mais avec du Fluor en plus : donner coûte que coûte l’impression que ça bouge est un  leitmotiv chez tous les fabricants !

Rien de neuf chez Coltène Whaledent, qui continue avec ses excellents Miris 2 et Synergy D6 dont seul l’emballage a changé. Dans la foulée, la société américano-suisse annonce que l’on peut utiliser son Paracore, composite de reconstitution à prise duale, pour sceller des couronnes. Il faudra évidemment utiliser un système adhésif, car ce matériau n’est pas une colle.

Dentsply, lui, n’est pas aussi ambitieux avec son CoreX flow. Il propose juste une mallette dans laquelle se trouve tout ce qu’il faut pour les restaurations préprothétiques en méthode directe.

Au chapitre des composites de collage auto-adhésifs et automordançants qui fleurissent depuis quelque temps, signalons l’arrivée du SmartCem2 chez Dentsply, du Clearfil SA Cement chez Kuraray et du GCem chez GC. Disponible en petites seringues d’automélange bien pratiques, ce matériau, présenté pour la première fois à Cologne il y a deux ans, n’était jusqu’à présent livré qu’en capsules à vibrer.

A SUIVRE …

 


2 commentaires pour : “IDS 2009 / IDS / COLOGNE 24-28 MARS 2009 PAR LE Dr MARC APAP (1ère partie)”

  1. roosseeeNo Gravatar dit :

    salut Marc

    Eh bé !
    l’attente fut longue, mais vu le nombre de produits, ça se comprends.
    vous avez bien fait de le mettre là!
    c’est une bonne idée ces photos, on s’y croirait presque
    un vrai travail de reporter…
    de quoi entamer des sujets de discussion…

    bonne suite!

  2. roosseeeNo Gravatar dit :

    ro, j’ai encore mis un « s » de trop!

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