IDS COLOGNE 2009 / 24-28 MARS 2009 PAR LE Dr MARC APAP (3ème partie)

 

  • Aides optiques

De plus en plus de praticiens travaillent avec des loupes, ce qui explique le nombre croissant de stands consacrés à ce matériel. Les américains proposent tous des systèmes TTL (Through The Lens), petites montures dont les optiques sont directement fixées à travers les verres. Ces modèles nécessitent des réglages parfaits, une fabrication sur mesure en usine et un retour en atelier en cas de changement de correction visuelle. Les modèles Flip-up sont moins confortables et plus lourds, mais s’adaptent plus facilement. En théorie, on peut relever les loupes pour y voir normalement si nécessaire. En pratique, ils se dérèglent assez facilement et les optiques, souvent mal orientées, obligent à beaucoup trop baisser la tête pour s’en servir. Dans les deux cas, ces dispositifs doivent être associés à des verres correcteurs si l’on n’a pas une vue parfaite. C’est incontestablement l’allemand Zeiss qui propose les équipements les plus chics et les plus élaborés. Les modèles Eye Mag Smart et Pro sont extrêmement séduisants et bien conçus.

Reste que le port de loupes sans arrêt sur le nez est loin d’être une panacée. Personnellement, c’est quelque chose que je ne supporte pas et qui me met très mal à l’aise.

L’utilisation quotidienne du microscope opératoire pour tous les actes de dentisterie courante est-elle possible ? C’est ce que j’ai voulu savoir en visitant tous le stands, ou presque, qui proposent ce genre d’équipement. La position de travail lorsque l’on travaille au « MO » est infiniment plus confortable et physiologique qu’avec des loupes, et l’on n’est pas gêné par un surpoids sur le crâne, ni devant les yeux lorsque l’on regarde autre chose que le champ opératoire.

Ainsi l’italien OMS propose-t-il un fauteuil équipé en standard d’un tel micro. L’appareil est de bonne facture, mais l’unit, avec ses fouets bien laborieux, n’est pas un modèle de légèreté.

Comme le grossissement le plus faible n’est que de 4 x avec la plupart des microscopes (on peut même, avec certains oculaires, descendre plus bas), il semble tout à fait envisageable de travailler tout le temps avec. Je considère en effet absurde d’utiliser cet appareil de façon ponctuelle ou pour seulement l’endodontie. Cela contraint à reprendre de mauvaises postures lorsque l’on travaille à l’œil nu avec le seul éclairage opératoire. Tous les modèles examinés, que ce soit chez Zeiss, Leica ou Kaps m’ont paru, en première approximation, extrêmement performants et agréables à utiliser.

Je comprends que l’on soit tenté par ce genre d’équipement. Mais il ne faut pas espérer les toucher à moins de 15-17000 €, sauf, peut-être, d’OP-Dent de l’espagnol Optomic (commercialisé en France par l’importateur Planmeca) qui serait aux alentours de 7000 € si j’ai bien compris la représentante. Reste que pour exploiter un tel système, il faut avoir une assistante bien formée en permanence au fauteuil, ce qui est peut-être la difficulté la plus importante à surmonter !

  • Turbines et contre-angles

Rien de faramineux en ce qui concerne l’instrumentation dynamique. W&H commercialise une nouvelle gamme de contre-angles dénommée Alegra, avec éclairage à LED qui ne nécessite aucune source d’électricité : comme avec une dynamo de vélo, l’énergie est produite par la rotation de la fraise. Ces modèles sont de forme classique, plus simple que les Synea, avec un corps lisse pour une meilleure hygiène. Je respecte et j’estime infiniment les dirigeants de la firme autrichienne, et pour cause : je les connais personnellement et j’ai longtemps travaillé avec eux. Néanmoins, je trouve qu’il devraient orienter leur recherche vers des aspects plus utiles : un meilleur confort de prise en main notamment, car l’embonpoint acquis progressivement par leurs contre-angles et leur surface de plus en plus lisse les rendent de moins en moins agréables à utiliser.

Chez Bien Air, j’ai été interpelé par le nouveau revêtement en fibre de carbone de leurs turbines. J’avoue ne pas m’être attardé sur le stand Kavo dont tout le monde reconnaît la production hors pair en ce domaine, ni chez Sirona qui ne m’a pas paru proposer de nouveauté bouleversante. NSK enfin, m’a laissé une impression très favorable avec sa gamme S-Max, un peu plus lourde mais moins chère que les modèles Ti-Max en titane.

  • Désinfection et Prophylaxie

Hu-Friedy, qui proposait il y a deux ans un nouveau détratreur piezo-électrique, présente aujourd’hui le même modèle avec un réservoir d’irrigation. Quant à EMS, impossible de le manquer : de grands panneaux affichent partout sur le salon « Piezon No Pain » associé au logo du fabricant suisse. La sinusoïde des vibrations de ses inserts à ultrasons a été modifiée pour rendre les détartrages moins douloureux. Le Piezon Master 700, élégant modèle de table au look inspiré de l’i-pod d’Apple, est pour l’instant, seul capable de fournir cette prestation : affaire à suivre.

Une toute petite innovation intéressera sûrement les acheteurs potentiels du SonicFlex de Kavo : sur la nouvelle version de ce détartreur à air, la fixation des inserts ne nécessite plus qu’un seul tour de clé. En plus de ses irremplaçables cupules à polir Hawe Pastless Prophy, Kerr nous propose désormais des pointes montées et disques fabriqués dans la même matière. Un vœu que j’avais formulé il y a bien longtemps, lorsque j’écrivais pour Clinic, et qui vient enfin de se réaliser.

Chez EMS toujours, le Perio-Flow Handy, petit aéropolisseur destiné aux poches parodontales vient s’ajouter au modèle de table présenté il y a deux ans. Grâce à sa buse souple et plate, il projette sur la racine une poudre à base de glycine non abrasive. La compacité de ce dispositif que l’on fixe sur le raccord de la turbine est évidemment très appréciable.

Si l’intérêt du laser reste controversé en parodontie, l’activation au moyen d’un rayon lumineux, d’une solution antiseptique introduite dans les poches parodontales pourrait être une alternative intéressante. On peut également utiliser la photo-activation en endodontie pour désinfecter les canaux, ainsi qu’en cariologie. Plusieurs fabricants cette année nous offrent des dispositifs conçus dans cette optique. Tout d’abord l’anglais PAD que j’avais découvert dès 2003 ici même, et qui a bien évolué. Ce n’est plus un laser, mais une lampe à LED, plus simple, qui produit la lumière. Quant à la machine, elle est autrement plus jolie et moderne que le premier modèle présenté il y a 6 ans.

Un appareil identique, l’Aseptim Plus, est proposé par le canadien Sci-Can. Le danois CMS Dental, qui commercialise les obturateurs de gutta Soft-Core (Herofill chez Micro-Mega), étend la gamme de ses nouvelles lampes à polymériser avec un modèle capable de produire lui aussi, une lumière qui active le même type de solution.

Enfin, l’allemand Cumdente présente le PACT, dispositif compact mais très sophistiqué, basé sur le même principe. Il s’agit d’un laser de poche, rouge, sur lequel on fixe un embout transparent à usage unique via lequel on active le produit antiseptique. Plusieurs formes sont disponibles, fines ou larges pour l’endodontie, la paro ou les cavités de carie. Etant donné son prix (4500 € la pièce à main et 15 € l’embout), le système a intérêt à faire ses preuves !

DMG enfin, propose l’Icon, nouveau système pour traiter et stabiliser les lésions carieuses initiales. Il s’agit d’un gel que l’on applique sur l’émail déminéralisé, avant de l’activer à la lampe à polymériser. Un dispositif particulier permet d’agir également sur les faces proximales. L’idée est intéressante. Reste à prouver la supériorité du système sur bon nettoyage prophylactique et l’application périodique de vernis fluoré, dont la mise en œuvre est bien plus aisée.

  • Plein les yeux

L’imagerie sous toutes ses formes bat son plein. Les chinois nous inondent de leurs petites caméras intrabuccales, finalement pas si nulles que ça. On peut s’en procurer sur E-bay pour seulement 150 Euros. Mais il s’agit de modèles à brancher sur le port USB de l’ordinateur. A moins d’avoir un écran au fauteuil, cela oblige à des contorsions terribles pour viser la dent à filmer et contrôler l’image sur le moniteur. Depuis peu, sont apparus des modèles sans fil. L’évolution la plus récente du système est la présence d’un tout petit écran de contrôle sur le manche de l’appareil.

Chez l’équipementier italien Eurodent, la caméra est intégrée à l’unit. Et on peut voir les images sur un écran de quelques pouces, dès qu’on la sort de son logement : un vrai plus, bien sympathique.

Pour des prestations quelques crans au dessus, le français Acteon dévoile sa nouvelle caméra SoproLife : non contente de nous fournir des images de visage, bouche entière ou dent isolée selon les réglages, elle offre un éclairage fluorescent qui met en évidence les caries débutantes. Celles-ci apparaissent en rouge, contrastant avec les structures saines vertes ou bleues. On peut ainsi mieux contrôler, après curetage de la dentine ramollie, s’il est temps ou non d’arrêter le fraisage et de passer à l’obturation.

Le même fabricant propose le Pspix, nouveau système de radiologie numérique à plaques photosensibles comme ses concurrents Digora, Denoptix (Gendex) ou VistaScan (Dürr dental). Le logiciel de traitement d’images associé est interfaçable avec n’importe quel sofware de gestion. Rappelons que si la radio ainsi obtenue n’est pas instantanée comme avec les capteurs numériques, la plaque au phosphore, aussi fine qu’un film argentique, est infiniment plus facile et confortable à positionner en bouche. Autre avantage du système : malgré un prix de vente de 15 000 €, aucune redevance annuelle au titre de la maintenance n’est réclamée par la suite.

A SUIVRE …

 


2 commentaires pour : “IDS COLOGNE 2009 / 24-28 MARS 2009 PAR LE Dr MARC APAP (3ème partie)”

  1. roosseeeNo Gravatar dit :

    Bonjour Marc
    j’ai une question à te poser!

    dans ce genre de rendez-vous style IDS, n’y a-t-il pas de stand sur les stérilisateurs?

    ce qui serait très audacieux pour notre profession, c’est d’avoir la possibilité de découvrir un certain nombre de modèle de stérilisateurs (puis US aussi tant qu’à faire) histoire de voir concrètement les avantages et inconvénients en direct.
    bien sûr, s’y rendre avec un cahier de charges reprenant les normes auxquelles nous avons à répondre serait un plus pour les questions pertinentes.
    je pense à ça, car vois-tu, la mise en place d’une chaîne de stérilisation est bien plus complexe qu’elle n’en a l’air!
    il ne s’agit pas de dire qu’une technique est nulle, car on pense qu’elle fait perdre du temps.
    bien au contraire, lorsqu’on pense à la stérilisation, on doit tenir compte, afin d’être efficace est logique, d’un certains nombres de paramètres et de facteurs.
    la taille du sté par exemple a toute son importance.pourquoi?
    parce qu’il permet entr’autre de réduire le nombre de cycle ou de respecter au mieux la charge (car trop souvent trop trop rempli), et aussi de permettre la mise en place de la technique tray ou des cassettes.
    il y a une très forte polémique sur nos techniques employées, mais le mieux ne serait-ce pas plutôt d’apprendre à bien les employer, plutôt que de les contester très vivement, sans avouer que le temps gagner au fauteuil est aussi un facteur d’organisation qui mérite réflexion!cela n’empêche en rien de respecter l’asepsie!
    Le plus important me semble-t-il, est d’étudier l’ensemble des points importants dont il faut tenir compte pour mettre une chaîne de sté en place (sachant que le facteur travail au fauteuil entre en ligne de compte) ce qui demande donc d’établir une liste de critères afin de mieux choisir les différents éléments qui constitueront cette chaîne de sté. De plus le mode de conditionnement aura un impact direct avec l’organisation en sté , mais son impact sur les procédés à respecter et les mesures de précaution à prendre démarreront au fauteuil (donc, ne serait-ce que pour prendre un exemple : les cassettes.il est bien entendu, que de refermer la K7 au fauteuil sans pouvoir assurer le nettoyage des DM c’est contraignant, mais il est tout à fait possible d’intégrer les K7 de façon efficace dans notre travail tout en connaissant les facteurs dont il faudrait tenir compte).

    Une AD est capable de s’impliquer dans cette réflexion, surtout si elle a utilisé les différentes techniques.A coté de ça, bon nombre de prat auraient besoin d’une formation là-dessus.

    alors vois-tu !
    le plus important est de connaître , mais en fonction des divers facteurs, et ils sont nombreux!et les stands pour comparer, why not….

    marc je t’aime bien, mais tu fais aussi des fôtes d’orthogaffe
    tu as une très bonne réflexion et tu te donnes la peine d’être explicite.
    ceci-dit les d’autres ont aussi des ouvertures à proposer.

  2. roosseeeNo Gravatar dit :

    bonsoir Dr G,
    J’ai finalement trouvé une réponse indirecte du mister Marc

    http://www.eugenol.com/sujets/385624-nouveau-dac?page=1#post_433975

    et voilà!

    à plus

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