La situation dentaire aujourd’hui en Espagne

 

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[Un excellent article, étayé par une bibliographie conséquente, de notre confrère le Docteur Colza.

« Les personnages et les situations de ce récit étant tout sauf fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être fortuite et risque d’être prémonitoire de l’avenir de la dentisterie française… »  NDLR]

Le projet de loi Macron, repris pour la partie santé par Marisol Touraine, et divers autres faits de ces dernières années (loi Leroux, multiplication des contraintes réglementaires, dérive commerciale des nouvelles associations loi 1901, faculté privée de Toulon …) risquent d’amener la France dentaire à ressembler à sa voisine espagnole où en moins d’une génération le métier de chirurgien-dentiste est devenu synonyme de chômage et précarité.

Voici un petit état des lieux des conditions d’exercice outre-Pyrénées.

 DEMOGRAPHIE

Nombre de chirurgiens-dentistes exerçant en Espagne :
1983 4458
1993 12247 (x 2,7)
2003 20005 (x 1,6)
2013 32429 ( x 1,6)
En 30 ans, le nombre de dentistes a donc été multiplié par 7,3 . (1)

En 2020 différentes projections donnent environ 40000 dentistes soit 3 fois plus que le nombre de dentistes nécessaires pour le pays selon Alfonso Villa Vigil (Presidente del Consejo General de Colegios de Odontólogos y Estomatólogos de España). (2)

A l’origine de cette surpopulation de dentistes il y a l’absence de numérus clausus et l’arrivée des facultés privées principalement dans les années 2000.
La plus importante d’entre elles, l’université Alfonso X el Sabio (Madrid), a fourni ¼ des diplômés du pays en 2010. (3)

Elle a accueilli 270 étudiants lors de la dernière rentrée.(4)

 

Clinica Universitaria Odontologica Madrid

Centre clinique université Alfonso X el Sabio (Madrid) (5)

 

En 2014 cohabitent 12 facultés dentaires publiques (Barcelone, Valence, Oviedo, Madrid 2, Murcie, Pays Basque, Salamanque, Seville, Grenade, St Jacques de Compostelle, Saragosse) et 8 privées ( Madrid 3, Valence 2, Alicante, Barcelone, Valladolid).

Alors que le nombre de facultés dentaires n’était que de 9 en 1990 . (6)
A la rentrée 2012-2013 selon les chiffres du ministère de l’éducation 1850 étudiants étaient inscrits en 1 ère année.
A titre de comparaison, il y avait 800 diplômés en 2001, 1000 en 2003 , 1200 en 2008 et 1400 en 2011.

Le nombre de dentistes diplômés dans les facultés privées a dépassé celui du public en 2009 (3) et il y a en 2014 deux fois plus d’étudiants dans le cursus privé que dans le public. (6)

La formation post-universitaire en Espagne (les masters, l’équivalent des DU en France) est également dominée par le privé avec 14 formations officielles contre 10 dans le public.
Des manifestations étudiantes ont lieu régulièrement demandant un numérus clausus pour maintenir une dentisterie de qualité offrant du travail à tous (7).

 

carte des facultés

Carte des facultés de chirurgie-dentaire espagnoles (24)

 

Cette surpopulation ne dérange absolument pas l’université privée Pessoa qui s’est invitée en France à Toulon et Béziers, puisqu’on peut lire dans la presse espagnole qu’elle a un projet d’ouverture près de La Corogne pour la rentrée prochaine en plus de celui des Canaries sur la carte. (8)
Deux autres ouvertures sont prévues (en rouge sur la carte).

Mais malgré les demandes des collèges régionaux et du conseil national les gouvernements espagnols successifs n’ont toujours pris aucune décision, ni pour limiter le nombre de facultés et d’étudiants admis, ni pour interdire les publicités trompeuses.

CONDITIONS D’EXERCICE

Ce surplus de diplômés entraîne inévitablement de graves conséquences sur l’emploi des dentistes.
En résumant , on peut dire que 30% des diplômés fuient l’Espagne et sur ceux qui restent 20% sont au chômage, 10 % exercent une autre profession que dentiste et cerise sur le gâteau, parmi ceux qui travaillent 40% sont « mileuristas », c’est à dire qu’ils gagnent aux alentours de 1000 euros par mois.

Ce surnombre de dentistes est également associé à l’omniprésence des chaînes (cadenas) et des franchises (franquicias) comme Vitaldent, Sanitas, qui accentuent la précarité des soignants.
Ces chaînes sont principalement dirigées par des assureurs, des financiers, des fonds de pensions américains et parfois… des dentistes.

La fuite des diplômés :

dentistes espagnols partants

Dentistes Espagnols partants à l’étranger

 

En 2010 , environ 30 % des diplômés quittaient le pays (3) principalement vers la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande.
Selon le vice-président du conseil de l’ordre ce chiffre est monté à 50 % en 2014. (6)

Le chômage :

Alors qu’il était inconnu jusqu’en 2005, il touche maintenant suivant les différentes études 30 % des dentistes.
Et si 55% des dentistes chômeurs ont moins de 30 ans , 22% ont plus de 40 ans.(3)
Pour cette tranche d’âge ce sont souvent des fermetures de cabinets à cause de la concurrence sauvage des franchises.

A noter que dans ces 30 % sont inclus 9,7% de dentistes qui ne pratiquent pas leur métier (professeur de langue, hygiéniste, vendeur, réceptionniste…). (9)

Revenus et conditions d’exercice :

L’exercice salarié a doublé en 5 ans passant de 2007 à 2012 de 22% à 47 %.
Le temps partiel, l’absence de contrat, les contrats illégaux et le pluri-emploi sont monnaie courante.
40% de la profession gagne aux alentours de 1000 € par mois.

Entre 20 et 25 % de dentistes étrangers exercent en Espagne, principalement d’origine sud-américaine. (9)
L’exercice illégal y est fréquent (dentiste non inscrit, prothésistes…) (10) (11) (12) (19)

Plusieurs chaînes n’emploient plus les dentistes comme salariés mais en tant que travailleur indépendant faisant ainsi reposer les diverses cotisations (ordre, assurances…) sur le dentiste et le précarisant encore plus.

Une enquête du Dr Jaime Pinilla Dominguez auprès de 400 étudiants de dernière année (public et privé) a établi que le salaire espéré au bout d’1 an d’exercice était de 1250€/mois. (3)

Les chaînes et franchises :

Apparus dans les années 1990 les chaînes de centres dentaires et ensuite les franchises se sont multipliées à un tel point en 20 ans que, selon le Dr Jaime Pinilla Dominguez, l’exercice libéral est devenu utopique dans la situation actuelle du pays. (13)

Vitaldent a créé une des premières en 1989 puis a introduit les franchises en 1997. Actuellement elle compte plus de 400 cliniques dans toute l’Espagne et d’autres en Italie. (14)
On peut aussi citer :

  • Caredent fondée en 2004 95 cliniques (+ Italie et Portugal).
  • Unidental fondée en 1998, 160 centres dont 110 en franchise.
  • Dentix créé en 2010 avec 4 cliniques et 50 employés et qui en 2014 possède 100 cliniques avec 1400 employés pour un CA de 200 millions d’euros.
  • Millenium les 200 cliniques de Sanitas
  • Mapfre ouvre 4 cliniques en 2013.
  • Asisa 12 cliniques.
  • Segur Caixa Adeslas 72 cliniques. (14) (15)

Du coup les assureurs se sont mis à créer progressivement leur propre réseau de cliniques (Sanitas, Adeslas, Mafpre, Asisa, DKV..) et proposent des contrats spécifiques à partir de 9,90 €/mois incluant des soins et des réductions multiples, mais uniquement dans leurs cabinets dentaires. (14)(15)
Contrats souvent attaqués pour manque de transparence.

Il faut savoir qu’il n’y a quasiment pas de prise en charge des soins dentaires en Espagne.
La carte Caredent par exemple donne même droit à 30 soins gratuits : radiographies, détartrage, scellement de sillons, incision d’abcès…..

La plupart de ces chaînes fonctionnent avec des publicités agressives (soins offerts, crédit gratuit sur 3 ans, spot avec des célébrités nationales…),

 

vitaldent_mcdonalds

Un repas McDo offert si l’enfant fait un contrôle avec un de ses parents

dosette sucre

Dosette de sucre avec bon pour 1 visite et 1 obturation gratuite. (18)

 

… des bas salaires pour les dentistes, le paiement d’avance des soins par les patients, des objectifs de rentabilité mensuels très élevés à tenir par les dentistes…

 

objectif gros plan

Exemple d’objectif mensuel (110 000€ soit 4583/jour ) …

 

implant chaîne espagne

… et de temps de traitement pour poser des implants. (25)

 

Des témoignages de dentistes ayant travaillé dans ces chaînes décrivent des conditions de travail proches de celles qui commencent à être imposées dans certains centres « associatifs » français : objectifs de 110000 euros/mois pour les praticiens et pour les patients des assistants commerciaux proposant des crédits à 0%, du harcèlement, des sur-traitements, de la publicité agressive …. (28)

Mais le surnombre se fait sentir peu à peu, les liquidations de clinicas dentales se montaient à 10 % en 2011 selon le SABI (Sistema Anual de Balances Ibéricos ). (13)
Ce qui laisse de nombreux patients dans la rue sans les prothèses qu’ils ont déjà payées.

 

dentix--660x371

(22)

 

Après la bulle immobilière, plusieurs articles commencent à parler de la bulle dentaire («burbuja odontológica ») (20) (21)
Le conseil de l’ordre lutte contre les publicités mensongères (exemple : implant à partir de 195€) qui sont légions (16) et mène de nombreuses campagnes pour mettre en garde les patients. (17)

 

(27)

(27)

 

 

CONCLUSION

Il faut garder espoir car si votre structure risque de se retrouver écrasée par la dérèglementation Attali-Macron, la loi Touraine, le tiers payant généralisé, la publicité d’un centre 1901 ou la loi Leroux vous pourrez toujours, comme en Espagne, faire une offre sur www.groupon.fr pour attirer le chaland avec un implant à 229€ ou 1 implant + couronne à 499€.

 

groupon san pablo     groupon1

BIBLIOGRAPHIE

(1) http://dentalista.es/web/art%C3%ADculos/evolucion-en-el-numero-de-dentistas-colegiados-en-espana/ source : Instituto Nacional de Estadistica

(2) http://www.gacetamedica.com/noticias-medicina/2013-08-30/politica/en-este-momento-los-dentistas-que-terminan-la-carrera-o-hacen-un-master-o-van-al-paro/pagina.aspx?idart=769902

(3) Dr Jaime Pinilla Dominguez : EL FUTURO DE LA PROFESIÓN DE DENTISTA EN ESPAÑA: EXPECTATIVAS LABORALES DE LOS NUEVOS EGRESADOS http://www.consejodentistas.es/pdf/EL%20FUTURO%20DE%20LA%20PROFESION%20DE%20DENTISTA%20EN%20ESPANA.pdf

(4) http://www.uax.es/fr/liste-des-etudes/sciences-de-la-sante-et-du-sport/degre-de-dentaire.html

(5) http://www.uax.es/typo3temp/yag/02/Clinica_Universitaria_Odontologica_UAX_274_54cbb1bb6fca.jpg

(6) http://www.saludemia.com/-/noticia-el-aumento-sin-control-del-numero-de-dentistas-en-espana-pone-en-peligro-la-calidad-de-la-asistencia-odontologica?id=426235

(7) http://www.elmundo.es/elmundo/2006/03/24/sociedad/1143218147.html

(8) http://www.lavozdegalicia.es/noticia/coruna/2014/11/09/universidad-portuguesa-instalara-hotel-sada/0003_201411H9C12991.htm

(9) http://www.coem.org.es/sites/default/files/noticias/numerusclausus.pdf

(10) http://www.hoy.es/extremadura/201404/02/detienen-falsa-odontologa-monto-20140402133036.html

(11) http://www.hoy.es/videos/mas-noticias/nacional/1091122741001-detenido-tarragona-dentista-ejercia-estar-licenciado.html

(12) https://www.youtube.com/watch?v=Anf9WtGcaVM&feature=youtu.be

(13) Dr Jaime PINILLA DOMINGUEZ : Futuro incierto de la profesión de dentista en España dans la GACETA SANITARIA Vol 26 Num 6 Nov-Dec 2012

(14) http://www.20minutos.es/noticia/2036232/0/salud/clinica/dentista/

(15) http://economia.elpais.com/economia/2014/10/03/actualidad/1412361369_407813.html

(16) http://www.coem.org.es/sites/default/files/NOTAS%20DE%20PRENSA/vitaldent.pdf

(17) http://vimeo.com/82103329

(18) www.dentalista.es

(19) http://www.20minutos.es/noticia/2178547/0/desmanteladas/seis-clinicas-clandestinas/detenidas-ocho-personas/

(20) Sergio Núñez http://www.elperiodico.com/es/cartas/entre-todos/burbuja-los-dentistas/116208.shtml

(21) Silvia Ascasíbar Pérez http://elpais.com/elpais/2014/09/06/opinion/1410023105_601440.html

(22) http://m.elcorreo.com/bizkaia/sociedad/201408/04/gobierno-vasco-abre-expediente-20140804151727.html

(23) SLO Salvemos La Odontología https://www.facebook.com/sloalicante?fref=ts article du 3 mars 2014

(24) «Dentistas» 2ème trim 2013 n°10, Revue du conseil de l’ordre des dentistes espagnols.

(25) https://www.youtube.com/watch?v=mboWMx0NG-c

(26) http://www.consalud.es/actualidad/imagenes/vitaldent_mcdonalds_141114_consalud.jpg

(27) http://www.nopiquis.cat/es/

(28) https://www.youtube.com/watch?v=cuBJRYtmgbY https://www.youtube.com/watch?v=mboWMx0NG-c

(29) http://www.groupon.es/deals/barcelona/especialistes-dentals-placa-catalunya-4/37058920

 


23 commentaires pour : “La situation dentaire aujourd’hui en Espagne”

  1. GuillermoNo Gravatar dit :

    Bonjour,

    J’aimerais féliciter pour raconter la vérité de la situation réelle qu’il y a dans mon pays, Espagne. Tout que vous avez écrit c’est totalement vrai. Je suis un jeune dentiste espagnol qui a quitté son ancien poste de travail en Espagne pour venir en France. De nos jours il est de plus en plus difficile pour les jeunes de trouver un emploi avec de bonnes conditions salariales. En plus, l’activité professionnelle est discrédité par la croissante compétitivité déloyale entre les franchises et les entreprises d’assurance en contre des cliniques de tout temps. Certainement ils sont en train de transformer notre profession en entreprises avec un seul objectif mercantiliste. Ne permettez pas de faire içi le même. Bon courage.

    Merci beaucoup

    • DrG.No Gravatar dit :

      Merci à toi jeune confrère.
      Je crains malheureusement que l’on soit ici en train de prendre le même chemin que dans ton pays : la collusion entre les politiques et les mutuelles est de plus en plus flagrante, on commence à voir arriver des financiers dans notre profession et on désinforme les patients qui ne réalisent pas qu’à terme ce sont eux, juste après les praticiens, qui en feront les frais.

    • KaylieNo Gravatar dit :

      Bonjour, est ce que ca a été facile pour toi de trouver un emploi en France avec un diplôme espagnol ? Et où exerce tu en France ? Je te remercie par avance pour ta réponse 🙂

  2. JoserraNo Gravatar dit :

    Bravo pour votre article. Je vous écris depuis le Colegio (association) de dentistes de Gipuzkoa (province basque, capitale: Saint Sébastien). Je voudrais cependant insister sur un des aspects fondamentaux à mon avis, celui de la publicité de soins sanitaires. À ce que nous savons, elle est interdite en France, ce qui empêche en grande partie nombre de dérives que nous constatons ici. Si je ne me trompe pas, les pubs que vous avez postées sur Mcdo el le sucre, seraient interdites en France.
    Nous constatons une relation directe entre les centres qui abusent de ces publicités agressives basées uniquement sur le prix, et les problèmes de santé des patients de ces centres qui viennent nous demander de l´aide. C´est grave.
    Croyez vous que le statut de la publicité de soins peut vraiment changer en France? J´y accorde plus d´importance que la prolifération de diplomés.
    Vous pouvez aussi me contacter par e-mail. Merci encore.

    • DrG.No Gravatar dit :

      Bonjour et merci de votre commentaire.
      Je crains fort que l’autorisation de la pub, au moins pour ces centres pseudo associatifs, ne soit bientôt la règle. Ils ne se gênent déjà pas pour afficher de grands panneaux ou de grandes enseignes en façade en profitant du flou de la règlementation et de la bienveillante tolérance des autorités.
      Il semblerait que notre Ordre professionnel n’y puisse pas vraiment grand chose si ce n’est faire pression sur les dentistes de ces centres qui eux sont soumis aux règles déontologiques communes, ce qui n’a aucun effet sur le centre lui-même.
      Tant qu’il n’y aura pas une prise de conscience des praticiens esclaves de ces centres et des patients qui croient encore qu’ils seront mieux soignés pour moins cher, la situation ne pourra que se dégrader.
      Et quand on sait que le gouvernement actuel est le complice actif de la mise en place de réseaux, notamment de mutuelles, la santé bucco-dentaire des français ne pourra que régresser et la situation empirer pour les professionnels.

      • JoserraNo Gravatar dit :

        DrG, je ne vois aucun flou cependant dans la réglementation actuelle en France, d´après ce que l´on sait. Pour rappel:

        Article 19 (article R.4127-19 du code de la santé publique)
        La médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce.
        Sont interdits tous procédés directs ou indirects de publicité et notamment tout aménagement ou signalisation donnant aux locaux une apparence commerciale.

        C´est très clair, aucune ambigüité possible à mon avis. Dans nos argumentations lors de nos entretiens avec les autorités basques et espagnoles, nous avons souvent retranscrit cet article en guise d´exemple. Nous trovons aussi ça et là des nouvelles sur l´application de cet article, comme ici: http://www.information-dentaire.fr/011-213-Dentexia-condamne-pour-concurrence-deloyale.html

        Pensez-vous que cet article 19 pourrait changer à moyen terme? (ce serait catastrophique pour la santé des patients).
        D´autre part, le ne comprends pas, vu de l´extérieur, la nature de ces centres dits « pseudo-associatifs », je vous serais reconnaissant si vous pouviez l´expliquer à quelqu´un qui connaît très peu le système français. La raison de mon interêt es que, vue d´ici, la situation dentaire en France nous apparaît enviable par rapport à ce que nous vivons en Espagne, en dépit des problèmes que vous exprimez. Je voudrais donc pouvoir mieux comprendre les dits problèmes.
        Merci d´avance et salutations.

  3. EdouardNo Gravatar dit :

    Effectivement ce constat est alarmant ! Nous commençons à confondre soins dentaires et marchandise commerciale, jusqu’où le capitalisme trouvera ses limites ? Jusqu’à la mort de notre espèce, j’en ai bien peur…

    • DrG.No Gravatar dit :

      C’est surtout que l’on ment aux français en leur faisant croire que favoriser de façon indécente les réseaux de mutuelles leur permettra d’être mieux soignés à moindre coût.
      Il faut juste se demander à qui profite le crime ?

  4. StephanieNo Gravatar dit :

    J’etais sur Lisbonne ces derniers jours (Portugal) et depuis la dernière fois que j’y suis allé (il y a 5 ans), le nombre de « cliniques dentaires » a explosé. Il y a des pubs partout pour du blanchissement, facettes, detartages etc..tout l’aspect esthétique du métier de dentiste
    Je ne sais pas si c’est contrôlé mais vu l’ampleur des ces ‘cliniques’ en quelques années, ça fait peur…

  5. colzaNo Gravatar dit :

    Bonjour

    Joserra , j’ai lu que le gouvernement de Cantabria voulait interdire ces publicités mensongères dans votre pays.
    http://www.europapress.es/cantabria/noticia-gobierno-cantabro-redactara-ley-luchar-contra-publicidad-enganosa-ambito-sanitario-20150811160017.html

    Bonne chance dans votre lutte contre les franchises et le reste.

    Je regarde souvent le site FB : https://www.facebook.com/slosalvemoslaodontologia?fref=ts (même si mon espagnol est très limité :-)) )

    En France , les centres associatifs (loi 1901) commencent à faire des « publicités » depuis 2011/2012 et l’ouverture d’Addentis le premier à caractère ouvertement commercial avec société écran etc… depuis ils se multiplient , je n’ai pas fait le décompte mais je pense qu’il y en a eu entre 50 et 100 en 3 ans.

    Pour l’instant ils font des articles dans les journaux, des reportages TV ou radio lors de l’ouverture du centre. Ils ont des panneaux de 3 mètres x 5 mètres sur leur façade alors que le dentiste classique ne peut mettre qu’une plaque de 0,25 m x 0,30 m. Ils ne soignent pas les enfants et ne se concentrent que sur les actes rémunérateurs (implants, prothèses) .
    Il existe également d’autres centres 1901 qui ne sont pas ouvertement commerciaux.

    L’article 19 ne s’applique malheureusement qu’aux dentistes et pas aux dirigeants de ces centres qui la plupart du temps ne sont pas dentistes ( mais banquiers, commerciaux,….) .
    Ils sont donc difficiles à faire condamner ( il y a eu 2 ou 3 condamnations seulement )
    Mais si un dentiste salarié de ce centre apparait avec son nom dans les reportages, lui peut se faire condamner.

    Mais la publicité sur le sucre ou Mc Do ne sont pas encore envisageables en France.

    Merci pour vos commentaires.

    • JoserraNo Gravatar dit :

      Merci pour vos précisions, même si elles sont quelque peu inquiétantes.
      Comme je l´ai indiqué, la marchandisation des soins, la publicité basée principalement sur le prix étant la preuve la plus évidente, est en rapport direct avec le nombre de réclamations de patients mécontents des traitements subis. Ce n´est pas un avis, c´est une constatation par rapport aux témoignages directs des patients « soignés » dans ces types d´organisations.
      L´interdiction de la publicité sur la médecine en France est donc un outil qui évite les dérives que nous constatons en Espagne, et que beaucoup de patients subissent. En effet, d´après les données que nous avons dans notre région, un patient a 7 fois plus de chances d´interposer un écrit de réclamation s´il a été soigné dans un centre qui émet une publicité du type commercial, c´est à dire basée principalement sur les tarifs des soins, indépendemment du faite que ce centre soit dirigé par un dentiste ou soit une franchise.
      Le type de publicité d´un centre donne une indication assez précise sur l´importance que le centre accorde à l´aspect sanitare par rapport à l´aspect économique.
      En France, la publicité des soins étant interdite, il est plus naturel que l´aspect sanitaire soit prépondérant. Par contre, si la tendance est à la marchandisation des soins par le biais des centres associatifs, des conséquences néfastes sont à prévoir du côté de la santé des patients. J´espère que les différentes associations auront la capacité d´intervenir pour éviter cette dérive que les patients subissent déjà en Espagne.

  6. ab38No Gravatar dit :

    bravo pour cet article !
    je fais suivre à tous mes confreres

    continuez de nous informer

  7. colzaNo Gravatar dit :

    c’est gentil à vous de faire suivre, c’est la dernière ligne droite pour se bouger (loi santé, tiers-payant, santéclair, capitaux extérieurs….)

  8. Rmd LouisNo Gravatar dit :

    merci pour ces infos, j’en vois qu’ils débarquent en France, j’en ai quelques uns dans l’ouest. Mais le chômage massif qu’ils connaissent n’est pas à prendre à la légère. Clairement, nous ne sommes pas les mieux placés côté avenir….;)

  9. sofNo Gravatar dit :

    Pour faire fonctionner une entreprise il faut de la main d’œuvre (les dentistes) et des clients (les patients). Le système actuellement décrit sans l’article n’aurait aucune raison d’exister en France (ni en Espagne mais je ne connais pas la juridiction du pays dans ce domaine pour m’avancer mais je ne pense pas qu’en sortant de l’université un jeune diplômé soit obligé d’aller travailler dans un des centres, pour une misère).

    Si on prend en compte les éléments suivants, on ne devrait théoriquement pas avoir de dérive en France de cette ampleur.

    Dans le système de soin (dentaire) actuel on a :

    1 : le patient qui cherche
    – le meilleur soin au coût le plus bas (la grande majorité des patients)
    – ou le soin au coût le plus bas sans prendre en compte la qualité du soin(patient qui se moquent de leur HBD par exemple)

    2 : le praticien qui cherche

    – à faire le meilleur soin sans prendre en compte le coût final, il propose une offre de type « spécialiste » (je pense par ex à l’endodontiste), ses compétences lui permettent d’avoir une VAN/heure selon ses propres préférences (satisfaction finale du patient, recherche de la perfection, etc)
    – ou à maximiser sa VAN/heure tout en respectant le code d’éthique de la profession (grande majorité des praticiens de ce pays, enfin je l’espère). Globalement vous allez signer pour faire de la merde et pour 1000€ ?
    – à soigner de la meilleure façon possible sans prendre en compte sa VAN/heure (mauvais gestionnaire, bénévolat, enseignants…)

    3 : des lois protègent en partie la santé du libéralisme cannibale (ex : Article 19 (article R.4127-19 du code de la santé publique))

    Je suis personnellement pour un système où la protection du patient prime sur le reste car je vois la santé comme un bien immatériel dont la valeur n’a pas de montant. Donc oui au protectionnisme du patient, je veux bien voir mon salaire diminuer de moitié si c’est pour garder notre système de santé. Après les libéralistes auront des arguments très forts pour favoriser une augmentation de la concurrence, donc une baisse des coûts, donc des prix… ça peut être même très intéressant, on se retrouverait avec un marché équivalent à celui de l’automobile je pense donc un marché somme toute libre avec une vaste gamme de choix et des consommateurs avertis.

    4 : la démographie : « Si le numerus clausus était maintenu à 977 étudiants, la densité des chirurgiens-dentistes en France diminuerait encore sensiblement, passant de 65 pour 100 000 habitants en 2006 à 40 en 2030. Les entrées dans la vie active devraient s’accroître pour se stabiliser à partir de 2010-2015. En revanche, les cessations d’activité seraient toujours plus nombreuses (départs à la retraite) et le solde avec les entrées projetées devrait se creuser au cours des quinze prochaines années. Les auteurs notent qu’il ne suffirait pas de relever le numerus clausus pour améliorer la situation, d’autant que cette mesure serait d’application difficile, les écoles n’y étant pas préparées et l’augmentation ne devant pas être continue, mais par à coups, pour être optimum. » Etudes et Résultats n° 594 et 595 (septembre 2007) : Les chirurgiens-dentistes en France – démographie et horizon 2030. Extraits.

    Donc OUI nous avons besoin de plus de praticiens et s’il le faut allons les chercher. Des dizaines, de candidats hyper-compétents sont refusés encore aujourd’hui alors que des escrocs peuvent venir. C’est encore un autre débat sur la légitimité/compétence.

    Alors, en sachant que vous pouvez vous installez librement partout, que des zones en France sont des déserts médicaux, que sans l’immigration de dentistes étrangers ces déserts grandiront, que vous avez tous un sens de l’éthique du soin pointu (apparemment), que vous ne voulez pas voir votre niveau de revenu professionnel diminué (mais payer moins d’impôts… c’est encore un autre sujet) et que dans ce pays pour travailler pour une entreprise (un centre mutualiste par exemple) il faut un contrat donc votre accord ; je voudrais savoir comment on arriverait à la situation Espagnole.

    • DrG.No Gravatar dit :

      L’ouverture de quantité « d’écoles dentaires » privées où on achète son diplôme a suffit à créer la situation actuelle en Espagne et cela en moins de 20 ans.
      Les mêmes causes entrainant les mêmes effets, il est facile de comprendre ce qui nous attend si on laisse faire la même chose ici.
      Mais c’est bien d’être optimiste… 😉

      • sofNo Gravatar dit :

        Je pense que les « écoles dentaires » comme vous dites ne n’offrent pas aux étudiants une formation moins bonne que l’Université. Tant mieux si elles font sortir de jeunes praticiens aptes à soigner, partout là où il y a besoin de soin.
        Mettez de côté votre égo : « acheter » son diplôme n’a rien à voir avec compétence. Aux USA (et en fait partout ailleurs qu’en France) on « achète » son diplôme et je crois que les praticiens sont tout aussi compétents qu’ici ! Alors vous avez galérer pendant vos études OK, moi aussi, mais si d’autres ont la possibilité de moins suer, je leur souhaite.

        C’est très appréciable de connaitre le nom des entreprises qui ont comme projet d’ouvrir 25, 15, 50 centres, merci. A vous lire, « ouvrir » un centre est une fatalité que nul ne peut contrer !! Mais QUI va être sur les fauteuils et les faire vivre ces entreprises ? Des docteurs en chirurgie-dentaire ou des aide-soignantes ? des docteurs. Vont-ils être convaincus de bosser pour eux ? j’en doute fort. Si oui, pourquoi le seraient-ils ?

      • muNo Gravatar dit :

        ce qui va arriver en france , avec tous les retours des français qui ont acheter leur diplome en espagne , roumanie , et autres pays où il n’y a pas de numérus , nous allons droit dans un mur et on préfère fermer les yeux

  10. JoserraNo Gravatar dit :

    Enlevez le numerus clausus, permettez la pub directe de soins dentaires (qui dérivera très vite vers une banalisation des soins) et vous y serez plus tôt que tard. J´espère que cela n´arrivera pas.

  11. colzaNo Gravatar dit :

    bien sûr qu’on a de la marge par rapport à la situation espagnole pour l’instant la démographie en france est très favorable.
    mais c’est maintenant que la bascule peut se faire: tentative de développement des écoles privées (geds, clesi) , entrée non limitée des européens et multiplication des centres dentaires commerciaux (dentifree, dentexia…) depuis 3 ans et avec eux sont apparus les « publi-reportages » (tv, radio , pqr…).

    alors oui la situation est loin d’être comparable à l’Espagne aujourd’hui , mais il faut que les dentistes se rendent compte de tout cela.
    sinon ce sera pareil peut-être moins vite , mais pareil.

    dentifree avait un projet initial de25 centres, abelia veut en faire 15 , si steichen et dentexia n’avait pas été ralentis ils en seraient aujourd’hui à la douzaine ou à la quinzaine. dentego entre 28 et 40 fauteuils en 2 ans.
    en voyant cela leclerc ou d’autres viendront vite.

    et aujourd’hui des cabinets commencent à fermer car un centre s’installe dans leur rue, personne n’en parle mais c’est la réalité: mini mini réalité mais veillons à ce que cela ne progresse pas.

    et que les futurs dentistes puissent encore avoir le choix de leur exercice (libéral ou salarié) mais pas que 40 à 60 % d’entre eux soient obligés d’obéir à un costard cravate gominé qui chaque soir viendra ramasser la tirelire.

  12. […] chirurgiens-dentistes français qui ne veulent pas vivre la situation de leurs confrères espagnols et la faire vivre à leurs patients, après tant d’années de passivité, commencent à […]

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