Le malaise, quel malaise ?

 

Un article dans le Figaro magazine du 6 décembre sur le « malaise des médecins« .

Où l’on apprend que nos confrères médecins sont inquiets de la mainmise de plus en plus oppressante de l’état sur leur activité, de la tension fréquente des rapports avec les patients, de la judiciarisation croissante des conflits, de la part exhorbitante de la paperasse dans leur activité, etc … N’en jetez plus !

Sont évoqués en vrac les horaires excessifs de certains, la pénurie dans certaines régions et l’héliotropisme, l’absence d’esprit d’abnégation des jeunes par rapport à leurs aînés (surprenant au pays des 35h pour les autres, non ?), l’explosion des charges et contraintes diverses versus la stagnation des honoraires, l’accumulation de la paperasse, l’immixtion des caisses dans les prescriptions (médicaments trop coûteux, examens non indispensables…)

Bien déprimant tout ça et assez inquiétant, à rapprocher des chiffres que l’on trouve sur le site internet créé par le groupe Pasteur Mutualité consacré à la souffrance des soignants:   www.souffrancedusoignant.fr

Quelques chiffres-clés concernant les médecins libéraux :

14 % des causes de décès des médecins libéraux en activité sont le suicide (enquête du CNOM, 2003),
– 38 % des causes d’invalidité chez les médecins sont liées à des affections psychiatriques (CARMF, 2005),
– 47 % des médecins libéraux présentent les symptômes du syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out  (enquêtes URML Bourgogne 2001, Poitou-Charente 2003 et Champagne-Ardenne 2004),
– 53 % des médecins libéraux se sentent menacés par le burn-out (enquête URML IDF, juin 2007),
96 % des médecins évoquent la paperasserie comme première cause de l’épuisement professionnel (enquête URML IDF, juin 2007)

L’article est centré sur les médecins mais ce malaise grandissant est ressenti par tous les acteurs de la santé en France.

Il faudrait peut-être un jour que nos « têtes pensantes » réalisent que la coercition ne fonctionne pas, qu’un individu qui choisit par vocation de se consacrer à soigner ses semblables a besoin d’un minimum de reconnaissance, entre autre financière, et que le secteur de la santé qui, inéluctablement, va « coûter » de plus en plus, rapporte aussi beaucoup et fait vivre une fraction non négligeable de la population, souvent indirectement d’ailleurs.

Il semble aussi stupide de calculer combien « coûte » un vrai malade à la société que de faire le calcul pour, au hasard, un homme politique. Qui, par ailleurs, peut un jour devenir l’autre. Et qui, ce même jour, ne se préoccupe plus de la maîtrise comptable de SES dépenses de santé. On ne citera personne.

source : http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/12/06/01006-20081206ARTFIG00182–enquete-sur-le-malaise-d-es-medecins-.php

 


2 commentaires pour : “Le malaise, quel malaise ?”

  1. JeRisNo Gravatar dit :

    Jean-Paul ESCANDE
    LETTRE OUVERTE AUX TECHNOCRATES QUI PRENNENT L’HOPITAL POUR UNE USINE

    « La médecine coûte toujours trop cher au ministre sauf lorsque le ministre est malade. »

    … un bouquin à lire et à relire.

  2. Dr G.No Gravatar dit :

    Jean-Paul ESCANDE

    un vrai médecin à l’ancienne: de ceux qui n’avaient pas leur langue dans la poche et dont on ne se demandait pas si il était d’abord informaticien ou sorti d’une école de commerce avant d’être médecin …

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