Médicaments inutiles ou dangereux ? Et les prescriptions : justifiées et sans danger ?

 

Deux éminents professeurs de médecine affirment dans un livre récent que près d’un médicament sur deux serait inutile voire dangereux et que ce gaspillage couterait 10 à 15 milliards d’euro à la sécurité sociale.

Quasiment le déficit de l’année, ça tombe bien !

Sans entrer dans l’habituelle (et bienvenue publicitairement parlant) polémique qui a suivi, on peut quand même se poser quelques questions.

Étude de cas (semaine dernière) :

Patient polycarié, négligent et fier conscient de l’être, la trentaine.
Énorme carie juxta-pulpaire sur une dent de sagesse supérieure provoquant une pulpite +++.

Pas de chance, nous sommes samedi, le dépanneur habituel est fermé, direction la « maison médicale » où officie au moins un médecin  7/7 24h/24.
Le patient ressort avec une ordonnance.

Coût de l’opération :

La consultation du médecin : on supposera qu’il est secteur 1 et pratique le tarif habituel bien que l’on soit samedi : 23 €

L’ordonnance : 1 antibiotique (macrolide) 7 jours soit 2 boites :  16€    / Inutile
1 corticoïde 4 jours :  5 €    / Inutile
1 antalgique codéiné :   3 €
1 bain de bouche :  4 €    / Pourquoi pas ?

Soit un total de 51 € pour une consultation de 5 mn et une prescription dont une grande partie est au mieux inutile.

Samedi après-midi, dimanche ou jour férié la consultation seule est d’environ 50 € soit un coût total de 78 €.

Chez un chirurgien-dentiste l’anesthésie (en pulpite !) puis l’ouverture d’une chambre pulpaire sont royalement rémunérées le tarif d’une consultation soit 21 €.
Dans le cas où la dent est extraite immédiatement : 33 €

L’ordonnance aurait consisté en un antalgique à quelques euros après une consultation d’une vingtaine de minutes dans le meilleur des cas, plus probablement une bonne demi-heure.
C’est vrai que c’est cher les soins dentaires en France !

Conclusion :

Le médecin dont la formation initiale en dentisterie est proche du néant se couvre en prescrivant large, ce qui est normal à son niveau, mais ne résout rien.
Le patient est soulagé – ou pas – son problème n’est pas résolu, il ingurgite des tas de molécules inutiles et creuse le trou de la sécurité sociale.

Il y a certes des médicaments inutiles ou dangereux mais il y a aussi des prescriptions inadaptées et coûteuses avec un bénéfice nul pour le patient.

Ne serait-il pas préférable de correctement rémunérer le traitement d’urgence du chirurgien-dentiste plutôt que d’inciter les patients à recourir au généraliste ou pire aux urgences hospitalières ?

Est-ce au chirurgien-dentiste de désorganiser sa journée de travail pour répondre aux sollicitations quotidiennes et assumer la négligence de certains ?

La création d’une consultation d’urgence dentaire rémunérée à sa juste valeur et, pourquoi pas, autorisant un dépassement d’honoraires raisonnable fonction du temps passé permettrait aux professionnels d’aborder ces actes plus sereinement et aux patients d’être un minimum responsabilisés.

Mais probablement encore un vœu pieu dans cette période de démagogie inflationniste.

crédit : Photos Libres

 


1 commentaire pour : “Médicaments inutiles ou dangereux ? Et les prescriptions : justifiées et sans danger ?”

  1. ArapakiNo Gravatar dit :

    Exemple bien choisi et édifiant!

Laisser un commentaire :

( Plus de 3 mots, en rapport avec le sujet, et 1 pseudo qui ne soit pas un mot-clé si vous souhaitez passer la barrière anti-spam. Bin oui, on fait ce qu'on veut ! )

Subscribe to RSS Feed Follow me on Twitter!